L'heure juste
FÉVRIER 2026
VUES SUR LE BAPE
PROGRAMME DU MINISTÈRE DES TRANSPORTS FACE AUX ALÉAS CÔTIERS
Un dossier hors norme pour le BAPE
En mars se tiendra une période d’information publique sur un projet exceptionnel par sa nature et par son étendue géographique. Nous aurons 30 jours pour renseigner la population de 47 municipalités du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine à ce sujet. Tout un défi!
Au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, près de 140 km de route seraient vulnérables à l’érosion et 176 km à la submersion d’ici 2100. Il s’agit des dernières estimations citées dans l’étude d’impact sur le programme décennal d’intervention pour la protection des infrastructures du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) face aux aléas côtiers dans le contexte des changements climatiques sur ce territoire.
Le programme, qui couvrirait 228 sites, permettrait au MTMD d’assurer la mobilité et la sécurité des usagers du réseau routier, de mettre en place une démarche intégrée pour limiter les interventions en contexte d’urgence et d’effectuer certains travaux de façon préventive. Il se démarque par son caractère à la fois régional et générique. En effet, il ne précise pas les interventions à réaliser sur les 97 sites jugés prioritaires. Il propose plutôt une ligne d’action. D’abord, le MTMD définirait les approches potentielles et leurs répercussions. Puis, il déterminerait les solutions à privilégier à l'aide d'outils de contrôle et d'analyse développés à cette fin. Finalement, il demanderait les autorisations environnementales requises.
Une complexité stimulante
Compte tenu de la vastitude du territoire couvert, le dossier présente une belle complexité sur le plan des communications et de la logistique. Avec les ressources et le temps dont nous disposons habituellement, nous devons joindre non pas 1, mais 47 communautés! Nous tiendrons donc une séance d’information dans chacun des secteurs définis par le MTMD, soit le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie — Rive nord, Gaspésie — Baie-des-Chaleurs et les Îles-de-la-Madeleine. Nous avons choisi des villes centrales afin de permettre au plus grand nombre d’y assister. Il sera aussi possible de participer en ligne pour celles et ceux qui habitent trop loin ou qui ne souhaitent pas se déplacer. De notre côté, nous parcourrons plus de 5000 km pour aller à la rencontre des citoyennes et citoyens susceptibles d’être touchés par un projet découlant de ce programme.
Il n’a pas été facile non plus d’insérer autant d’activités dans un mois déjà très occupé au BAPE, avec trois deuxièmes parties d’audiences publiques. Nous disposions de peu de latitude quant au calendrier. Cela dit, comme nous tiendrons plusieurs séances, les gens indisponibles lorsque nous serons de passage dans leur secteur pourront participer à une autre soirée. Reste à espérer que mars ne nous réserve pas trop d’intempéries. N’empêche, nous avons prévu le coup. Au besoin, une rencontre pourrait se dérouler en virtuel uniquement.
Un cas rare, mais pas unique
Au fil du temps, le BAPE s’est penché sur plusieurs programmes de dragage qui, comme celui du MTMD, s’étendaient sur 10 ans. Il a aussi examiné des programmes couvrant un large territoire; par exemple, ceux du ministère responsable des Ressources naturelles portant sur des pulvérisations aériennes de pesticides contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette au début des années 1980 (rapport 11 et rapport 16) et sur le dégagement de la régénération forestière en 1997 (rapport 116) ainsi que ceux prévoyant l’épandage de phytocides par voie aérienne en milieu forestier en 1983 (rapport 13) et en 2006 (rapport 229).
Or, avec la création de l’évaluation environnementale sectorielle ou régionale, un outil introduit par la Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement en mai 2025, il se pourrait que les projets d’une telle ampleur se multiplient à l’avenir. Voici donc l’occasion de se familiariser dès maintenant avec leurs particularités.
Photo: LDGIZC-UQAR